Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /Déc /2009 11:15
Déjà quelques semaines que la diffusion des films suite aux violences policières de Montreuil et l'usage du flashball sont en ligne sur le site www.mediapart.fr

Aujourd'hui ma contribution, ci-dessous les liens et l'entretien.
Je rajouterai que cette migraine de bleu, de blanc et de rouge s'amplifie encore plus dans ma tête depuis que ce débat sur l'identité nationale fait rage et répand des effluves nauséabondes sur ces trois couleurs.


3x3=09 : http://www.mediapart.fr/content/3x309

Outrage & Rebellion : http://www.mediapart.fr/content/flashball-et-rafale-dimages
Beaucoup de contributions d'ores et déjà en ligne et bien d'autres à venir.




Quelle a été la démarche ? 
J'ai d'abord pensé que le délai d'un mois que j'ai eu pour tourner ce film, était trop court. Mais cela s'est révélé stimulant. J'avais cette idée un peu classique du bleu-blanc-rouge. C'est un état des lieu personnel et un peu énervé de la France d'aujourd'hui. Je voulais faire quelque chose d'assez formel et en même temps d'agressif. 3x3=09, c'est en fait trois fois bleu-blanc-rouge. 

Vous avez tourné vous-même les images ?
Oui. Elles ont été faites en août, à Montreuil, en gardant toujours en tête ce qui s'était passé. Je ne connais pas Montreuil. Je me suis baladé là-bas pendant deux jours avec ma caméra. J'ai une vraie fascination pour la banlieue. J'ai  tourné le plan de fin depuis le haut de l'immeuble d'un complexe d'entreprise qui donne une vue sur Paris et sur Montreuil. Et il y a un parc sur les hauteurs de Montreuil, d'où l'on aperçoit, selon un certain axe, des barres d'immeubles au pied desquelles se trouve un cimetière. C'est ce rapport au béton, cet espèce de cycle fermé, du lieu de vie au lieu de mort, qui m'intéressait.

Et la Marseillaise ?
C'est une Marseillaise chantée a capella. Je n'ai fait aucun montage sur la piste son, mais je l'ai torturée avec des logiciels. Tout le début, c'est déjà la Marseillaise, mais volontairement déchirée. Cela devient un son répétitif et agressif. Plus la vidéo avance, plus on entend le refrain. L'idée, en fait, c'était de gratter derrière les couleurs bleu-blanc-rouge et le drapeau français.


Auriez-vous fait spontanément un film autour des événements de Montreuil ? 
Non. Si je l'avais fait dans mon coin, il n'aurait pas eu de public. Mon film se serait noyé dans le flot des vidéos sur internet. Cela aurait eu autant d'impact qu'un caillou jeté dans l'océan. Dans le collectif, il y a des gens plus connus, qui amènent avec eux un public.

C'est donc un problème de distribution ?
Le cinéma français que l'on voit en salles, je caricature volontairement, évoque souvent des problèmes de couple ou d'intime. Je ne vois pas de prise de position politique.

Pouvez-vous évoquer un film du collectif qui vous a plu ? 
Le film de Marc Hurtado, Ciel Terre Ciel. Il n'a pas un rapport très frontal avec l'histoire. C'est comme si l'on n'avait plus rien à voir. Un retour au primitif, avec des effets d'optique, des formes extrêmement simples. Le soleil fait mal quand on le regarde, mais il est indispensable à l'homme.

 

Entretien réalisé par Ludovic Lamant


Par SuperPixelBoy
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