Mercredi 16 juin 2010
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C'est le grand débat, le foot on s'en tape, c'est nul, 22 cons qui courent après un ballon.
Soit. Ce sport a tout de même de grandes qualités narratives, on peut très bien s'emmerder pendant 90 minutes, ou vivre 90 minutes de folie furieuse.
Unité de temps, de lieu et d'espace, rudimentaire et simple.
Dans cette dernière coupe du monde, l'innovation technique des caméras me surprend. L'engouement des télévision HD qui sont désormais 3D (déjà en vente dans vos magasins préférés), a poussé la
technique du ralenti très loin. On se souvient des replay lointains et flouteux des années 80, désormais les visages se disloquent, les particules de transpiration s'envolent lors d'un choc du
ballon contre une tête, la tête vibre, les muscles se tordent.
Les réalisateurs d'un match à l'autre ne se posent pas vraiment la question de la force de ce procédé, le tout c'est de voir le match et de bien comprendre l'action. Le ralenti c'est accessoire,
c'est le bonus. Pourtant le match Angleterre / USA a eu quelques instants intéressants. Plutôt que de nous montrer au ralenti les chocs et la sueur et de faire joujou avec son matériel
Haute-Définition, le réalisateur s'intéressait particulièrement aux visages. La joie de Steven Gerrard après son but, le désarroi de Robert Green après son erreur dans les buts.
Pour une rare fois, la forme télévisuelle reprenait ses droits, celui de proposer par des moyens techniques, l'oscillation entre le direct du match, et le retour sur quelques secondes passées et
étirées devenant une forme pure.
Alors, je me suis mis à rêver, rêver à une finale réalisée par un artiste vidéo, par Bill Viola. Les brins d'herbes, les mottes de terres implosant sous les pieds, la contraction du visage des
perdants, le cri des vainqueurs, les filets qui claquent.
On peut toujours rêver un peu.